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Informations sur l'évènement

25.02.2015 11:45 Il y a : 5 yrs

Un dialogue pas comme les autres : « L’âge de la mémoire : pratiques de la culture mémorielle dans les sociétés d’immigration »

08.10.2015

Les années 2014 et 2015 sont marquées par des commémorations d’événements historiques importants dont notamment les 100 ans du début de la Première et les 70 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les 25 ans de la chute du mur de Berlin et de la réunification allemande ou encore les 100 ans du génocide des Arméniens.

Malgré une mondialisation de la mémoire, les politiques mémorielles restent encore majoritairement des politiques nationales et visent à renforcer les sentiments d’appartenance collectifs. Mais dans une société plurielle, ceci entraîne de plus en plus de questions. 

Ainsi, la Fondation Genshagen et le Service d’entretien des sépultures militaires allemandes ont organisé le 8 octobre 2015 une discussion au Château de Genshagen portant sur le thème « L’âge de la mémoire : pratiques de la culture mémorielle dans les sociétés d’immigration ». La discussion porta avant tout sur la constitution des identités nationales et sur la place donnée à l’histoire de la migration et de l’immigration au sein des cultures mémorielles. Les deux organisateurs avaient invité des intervenants issus de différentes disciplines et contextes afin de pouvoir appréhender le thème sous différents angles. Marc Sinan, compositeur d’origine allemande, turque et arménienne, Nargess Eskandari-Grünberg, chef de la section intégration auprès de la ville de Francfort sur le Main, Rainer Ohliger, membre du directoire du réseau Migration en Europe, Bernard Klein, directeur du centre international de rencontres de jeunes Albert Schweitzer à la frontière franco-allemande et l’historien Etienne François participèrent au débat.

Certains événements historiques sont au cœur de l’identité d’un pays ; les intervenants s’interrogèrent sur les possibilités de transmettre l’importance de ces événements à l’ensemble de la population. Mais ils s’accordèrent également pour dire qu’il est urgent d’accepter et de reconnaître d’autres récits que la mémoire officiellement transmise et que l’histoire de l’immigration fait clairement partie de l’histoire allemande. La plupart des intervenants ne constatèrent pas le danger d’une dilution de la culture mémorielle nationale étant donné que l’essence de la culture mémorielle résidence justement dans le fait qu’elle est continuellement renégociée par les membres de la société. Il conviendrait de se concentrer sur la recherche de liens de rattachement entre les différentes cultures mémorielles concurrentielles afin de permettre enfin un dialogue. Pour cela, une vision d’avenir commune de la société est nécessaire, il s’agit de mettre en place un projet partagé dans lequel pourrait s’inscrire une synthèse des différentes cultures mémorielles.

La soirée se clôtura par un concert exaltant du groupe musical berlinois « La Caravane du Maghreb » qui joua des adaptations de chansons populaires traditionnelles issues de la musique gnawa ou du répertoire arabo-andalou, des chansons « immigrées » en Allemagne.

Champ d’activités : Forum Éducation artistique et culturelle

Financement: Déléguée du gouvernement fédéral à la Culture et aux Médias (Service K34) ;  Centre fédéral pour l’éducation politique

Partenaire: Service d’entretien des sépultures militaires allemandes

Responsable : Noémie Kaufman